Conversation avec Ulisses Marreiros, directeur général du Copacabana Palace
Face à l’océan Atlantique, sur la plage mythique de Copacabana, le Copacabana Palace incarne depuis plus d’un siècle l’art de recevoir à la brésilienne. Inauguré en 1923, après quatre années de construction, l’hôtel est conçu dès 1919 comme un projet visionnaire destiné à accompagner le développement de Rio de Janeiro et à accueillir le monde.
Imaginé par l’architecte français Joseph Gire, le bâtiment s’inspire des grands palaces de la Côte d’Azur tout en intégrant une lecture tropicale, ouverte sur la lumière, la plage et la vie extérieure. À une époque où Copacabana n’est pas encore un quartier central, le choix de cet emplacement traduit une ambition forte : créer un lieu durable, ancré dans son territoire et capable de traverser les générations.
Aujourd’hui, le Copacabana Palace compte 208 chambres et suites, plusieurs restaurants emblématiques, dont le Cipriani, Mee et Pérgula ainsi qu’une piscine iconique devenue un symbole de la ville. L’hôtel appartient au groupe Belmond, acteur majeur de l’hospitalité de luxe à l’échelle mondiale et membre du groupe LVMH.
C’est dans ce lieu chargé d’histoire, mais résolument vivant, que j’ai rencontré Ulisses Marreiros, directeur général du Copacabana Palace et directeur général de Belmond au Brésil. L’échange révèle une vision de l’hospitalité profondément humaine, fondée sur la célébration, la transmission et le lien, bien au-delà des codes et des protocoles.

Quelle est votre vision de l’art de recevoir ? Qu’est-ce que l’art de recevoir au Palais Copacabana, et plus largement au Brésil ?
Pour moi, l’art de recevoir commence par une vision à long terme. Le Copacabana Palace n’a jamais été pensé comme un hôtel destiné à un seul moment, mais comme un lieu conçu pour traverser le temps et accueillir les générations successives.
Dès le départ, en 1919, l’idée était de créer un hôtel capable d’accueillir le monde. Un lieu inspiré des grands hôtels du sud de la France, comme ceux de Nice, Cannes ou de la Côte d’Azur, tout en restant profondément ancré dans le contexte brésilien. À l’époque, Copacabana n’était pas un quartier fréquenté. Construire ici, c’était déjà une manière d’anticiper, d’ouvrir, d’inviter.
L’art de recevoir repose également sur la capacité à créer un cadre qui donne envie de se rassembler, de célébrer et de partager. Depuis son ouverture, le Copacabana Palace accompagne les grands moments de la ville et du pays. Il évolue avec Rio, avec la plage et avec le style de vie carioca jusqu’à devenir un lieu central des grandes célébrations.
Accueillir ici ne se limite pas à recevoir des clients. Il s’agit d’accueillir des histoires, des cultures et des émotions. Le lieu permet aussi bien de célébrer un déjeuner simple qu’un anniversaire, une fête intime ou un événement réunissant jusqu’à 1 500 personnes, toujours avec la même attention.
Au fond, l’art de recevoir au Copacabana Palace, et plus largement au Brésil, repose sur la capacité à créer du lien, à célébrer la vie et à faire sentir à chacun qu’il fait partie de quelque chose de plus grand.
Comment le Copacabana Palace est-il devenu une institution historique et culturelle du Brésil ?
Il est très difficile de résumer l’histoire de ce bâtiment en quelques minutes. Aujourd’hui, le Copacabana Palace est un bâtiment patrimonial, mais à l’origine, il représente une véritable innovation.
En 1919, le président du Brésil, Epitácio Pessoa, souhaite construire un hôtel comparable aux grands hôtels européens afin d’accueillir les dignitaires venus célébrer le centenaire de l’indépendance du Brésil en 1922. La famille Guinle accepte de porter ce projet ambitieux et choisit Copacabana, un endroit encore peu fréquenté à l’époque.
L’hôtel ouvre finalement en 1923. Otavio Guinle explique alors que ce n’est pas un hôtel construit pour un événement unique, mais pour l’avenir. Cette vision structure encore aujourd’hui l’identité du Copacabana Palace.
Au fil des décennies, l’hôtel se transforme et s’agrandit. À la fin des années 1930, la piscine est construite, devenant l’une des plus grandes et des plus emblématiques de la plage. En 1948, le bâtiment annexe est ajouté, suivi plus tard par la construction du théâtre.
Le Copacabana Palace joue également un rôle important dans l’histoire culturelle du pays. La fermeture des casinos en 1946 a un impact majeur sur la vie culturelle brésilienne et contribue indirectement à l’émergence du samba-canção, puis de la Bossa Nova. L’hôtel reste intimement lié à ces évolutions culturelles.

Quel lien le Copacabana Palace entretient-il avec le style de vie carioca et la culture de la célébration ?
Le Copacabana Palace est profondément lié au style de vie carioca, notamment à la relation à la plage et à la vie en extérieur. À l’origine, les habitants de Rio ne fréquentent pas la plage comme aujourd’hui. Ce rapport évolue surtout à partir des années 1940 et 1950, lorsque les gens commencent à s’approprier cet espace et à y passer du temps.
L’hôtel accompagne pleinement ce changement et se retrouve au cœur des grandes célébrations de la ville. Chaque année, le réveillon du Nouvel An se déroule juste en face de l’hôtel, tout comme de nombreux concerts internationaux organisés en juillet et en août.
Si je devais définir le Copacabana Palace en un seul mot, ce serait célébration. Cette célébration peut être intime ou spectaculaire, allant d’un déjeuner à un événement réunissant jusqu’à 1 500 personnes.
Même lorsque ces événements ne sont pas organisés directement par l’hôtel, le lien reste très fort. Lors du Nouvel An, près de deux millions de personnes se rassemblent face à l’hôtel, ce qui nécessite une coordination logistique importante entre la ville et le Copacabana Palace.


Comment se traduit concrètement l’art de recevoir au Copacabana Palace, à travers l’accueil et la transmission aux équipes ?
Chez Belmond, nous parlons de la “feuille d’arbre”, qui représente l’identité locale de chaque propriété. Cette approche vise à intégrer la culture locale dans l’expérience proposée aux clients.
Au Copacabana Palace, l’accueil commence par un maté froid, boisson traditionnelle des plages de Rio depuis les années 1950, accompagné de gingembre. Les équipes expliquent l’histoire de cette boisson, puis invitent les clients à participer à une visite quotidienne de l’hôtel afin de partager son histoire et son héritage.
L’art de recevoir repose avant tout sur l’humain. La technologie joue un rôle important, mais elle sert principalement à automatiser certaines tâches pour libérer du temps et renforcer la relation humaine.
Nous investissons fortement dans la formation, notamment dans l’apprentissage de l’anglais, la qualité de service, l’intelligence émotionnelle et le management. Près de 600 employés ont accès aux plateformes de formation Belmond et LVMH. Le rôle du leadership consiste à transmettre cette philosophie par la présence, l’exemplarité et l’engagement quotidien.

Comment le Copacabana Palace intègre-t-il la durabilité dans sa relation avec les équipes, les clients et l’environnement ?
Nous avons mis en place une approche durable à 360 degrés, certifiée EarthCheck. Cette approche concerne à la fois les personnes, la communauté, l’énergie et l’environnement. Tous les employés reçoivent une formation dédiée à ces enjeux, et ces messages sont relayés à travers les briefings, les actions concrètes et le leadership.
De nombreuses actions ont déjà été mises en place. Les déchets ont été réduits de plus de 80 % grâce à des compacteurs, la consommation énergétique a diminué de 20 à 25 % grâce à de nouveaux équipements MEP, et 99 % de l’eau traitée est réutilisée dans la blanchisserie.
Nous travaillons avec des fournisseurs locaux pour les fruits, les légumes, le pain et les pâtisseries, produits sur place par nos équipes. Lors des grands événements, les décorations sont récupérées par l’association Céu da Favela et les plantes redistribuées aux employés.
L’objectif reste clair : réduire, réutiliser et recycler, sans jamais compromettre l’expérience client, tout en restant fidèles à l’esprit du Copacabana Palace, un lieu d’héritage, de célébration et de transmission.
Les clefs de lecture de Laurent Delporte :
Cette rencontre avec Ulisses Marreiros, le directeur général du Copacabana Palace a renforcé une conviction qui traverse l’ensemble de mon travail sur l’hospitalité : un grand hôtel ne se définit pas uniquement par son histoire, son architecture ou son niveau de service, mais par la manière dont il crée du lien dans la durée. Les échanges, riches et sincères, ont mis en lumière une vision de l’accueil profondément humaine, ancrée dans la culture brésilienne et portée par une pensée du temps long. Ici, l’héritage ne sert jamais de décor figé ; il constitue un socle vivant qui permet de faire dialoguer le passé et le présent, tradition et usages contemporains.
Ce qui frappe au Copacabana Palace, c’est sa capacité à relier les mondes. Relier les habitants de Rio et les voyageurs internationaux, relier un lieu à son territoire, relier des individus entre eux. L’hôtel ne se contente pas d’accueillir ; il invite à comprendre, à ressentir et à découvrir. Cette hospitalité s’exprime à travers des gestes simples mais justes, des attentions sensorielles, et surtout par la création de situations propices aux rencontres. Le séjour devient alors une expérience collective, nourrie par les échanges, les conversations et les moments partagés, donnant une profondeur rare à l’expérience du voyage.
Enfin, cette expérience rappelle avec force que l’hospitalité prend tout son sens à travers celles et ceux qui la font vivre au quotidien. Les collaborateurs incarnent une joie sincère de recevoir, une générosité naturelle et une capacité à créer une relation immédiate et durable. Cet esprit reflète pleinement la culture brésilienne et l’âme carioca, où le lien humain précède le protocole. Je suis profondément ravi d’avoir pu rencontrer cet hôtel, d’y séjourner et d’en comprendre les subtilités de l’intérieur. Dans le projet de livre que je porte autour des hôtels légendaires et iconiques à travers le monde, le Copacabana Palace occupera naturellement toute sa place.
ARTICLE 2.
Ce que personne ne m’avait dit avant de séjourner au Copacabana Palace
J’ai eu la chance de passer plusieurs journées au Copacabana Palace à Rio de Janeiro au Brésil, de m’y installer, d’y dormir, d’y circuler librement et de m’imprégner de ce lieu chargé d’histoire. Ce séjour m’a permis de vivre l’hôtel au-delà de sa réputation et de son image iconique. J’ai pris le temps d’observer, de ressentir, d’échanger avec les équipes, de découvrir les usages, les attentions et les détails qui donnent à cet établissement une identité si singulière. Cette expérience m’a profondément marqué et j’avais envie de la partager.
Situé face à l’océan Atlantique, sur la plage mythique de Copacabana, le Copacabana Palace est pensé dès 1919 et inauguré en 1923. Conçu par l’architecte français Joseph Gire, l’hôtel voit le jour à une époque où Copacabana n’est pas encore un quartier central de Rio de Janeiro. Cette implantation traduit déjà une vision forte : créer un lieu capable d’attirer le monde et de s’inscrire dans le temps long. Aujourd’hui, l’établissement compte 208 chambres et suites, plusieurs restaurants emblématiques, une piscine iconique face à la plage et de vastes espaces de réception. Propriété du groupe Belmond, membre de LVMH, l’hôtel incarne un équilibre subtil entre héritage architectural, art de vivre carioca et hospitalité contemporaine.
À travers ce récit, j’ai envie de vous faire découvrir ce que j’ai personnellement apprécié au Copacabana Palace. Au fil des pages, je partage des moments vécus, des attentions reçues, des rencontres humaines, des expériences sensorielles et culturelles qui donnent tout son sens à l’hospitalité dans ce lieu. Plus qu’un simple séjour, ces journées passées au Copacabana Palace m’ont offert une lecture concrète de ce que peut être un hôtel habité, vivant, et profondément connecté à son territoire.
Ce que le Copacabana Palace révèle sur l’art de recevoir au Brésil
Le Copacabana Palace entretient un lien très particulier avec les habitants de Rio de Janeiro. Bien au-delà des grandes fêtes populaires, comme le réveillon du Nouvel An, l’hôtel fait partie intégrante de la mémoire collective de la ville. De nombreux Cariocas y ont célébré des moments importants de leur vie : des remises de diplômes, des événements liés aux écoles et aux universités, des réceptions familiales, des rendez-vous professionnels ou des événements d’entreprise marquants. Le Copacabana Palace n’est pas uniquement un hôtel tourné vers les voyageurs venus du monde entier ; il est aussi un lieu chargé d’affect et de souvenirs pour celles et ceux qui vivent à Rio. Cette relation particulière crée une forme d’attachement sincère entre l’établissement et la ville, renforçant son statut d’icône locale autant que de destination internationale.
Dormir au Copacabana Palace, c’est accepter de vivre dans l’histoire. Depuis une chambre tournée vers la plage, face à l’Atlantique, il devient facile d’imaginer les décennies de célébrations, de fêtes, de concerts et de grands rendez-vous populaires qui se sont déroulés ici. La vue ouvre autant sur l’océan que sur la mémoire collective de Rio.
En circulant dans l’hôtel, chaque déplacement raconte quelque chose. Les volumes, les salons, les circulations et les ouvertures vers l’extérieur témoignent d’une autre époque, d’une autre manière de recevoir, où l’élégance passait par la générosité de l’espace et du geste. Le Copacabana Palace n’essaie pas de masquer son âge. Il l’assume pleinement. Il faut aimer cette dimension historique, cette sensation d’habiter un lieu qui a vu passer le monde et où nous ressentons encore la manière et l’excellence de recevoir d’hier.
Dans le même temps, l’hôtel sait intégrer des touches contemporaines, notamment dans les chambres et certains espaces. Le confort, les matériaux et les attentions actuelles dialoguent avec le patrimoine sans jamais le dénaturer. Cette cohabitation entre passé et présent donne au Copacabana Palace une identité singulière, ni figée dans la nostalgie, ni artificiellement modernisée.
Boisson locale, fruits inconnus, musique brésilienne : vivre le Copacabana Palace par les sens
L’art de recevoir s’exprime aussi comme une invitation à découvrir le Brésil à travers les sens. Dès l’arrivée, une boisson locale fraîche est proposée à la réception pour se rafraîchir après le voyage, premier contact délicat avec la culture du pays. Le séjour devient une succession de petites attentions, jusqu’au moment du départ, lorsque l’une des réceptionnistes m’a offert une petite pierre à conserver en souvenir du Copacabana Palace et du Brésil, geste simple mais symbolique, qui prolonge l’expérience au-delà du séjour.
La découverte passe également par la gastronomie et les produits locaux, et l’expérience culinaire proposée à l’hôtel joue un rôle essentiel dans cette immersion. C’est ici que j’ai découvert pour la première fois le fruit de l’anacardier, connu sous le nom de pomme cajou, ce pédoncule charnu, juteux et légèrement surprenant, attaché à la coque qui donnera ensuite la noix de cajou. Goûter ce fruit dans son contexte, accompagné d’explications, donne immédiatement le sentiment de toucher du doigt un quotidien brésilien, une culture vécue de l’intérieur. J’ai pu vivre cette simple expérience et néanmoins mémorable pour moi, car l’un des serveurs avait cette volonté de promouvoir sa culture et de m’aider à découvrir quelque chose que je ne connaissais pas. J’ai vécu cette rencontre comme un moment d’hospitalité généreuse, cette personne avait envie de me faire plaisir et il s’assurait réellement que je passais un agréable séjour et qui plus est, faisait en sorte que cela se fasse. J’avais dû lui dire que j’avais envie de découvrir tout ce qui était local et il a su m’accompagner dans ce sens.
La restauration au Copacabana Palace navigue avec justesse entre contemporanéité et traditions. J’ai pu y déguster des plats actuels, élégants, parfaitement exécutés, mais aussi des recettes emblématiques de la cuisine brésilienne, dont certaines figurent à la carte depuis très longtemps et font partie de l’histoire de l’hôtel. Cette continuité culinaire raconte une mémoire, un respect des racines, tout en restant en phase avec les attentes d’aujourd’hui.
Le petit-déjeuner constitue à lui seul une véritable expérience. Tous les pains et les viennoiseries sont réalisés sur place, avec un savoir-faire évident. La variété proposée est remarquable et permet, dès le matin, de découvrir la richesse de la gastronomie locale : fruits tropicaux rarement dégustés en Europe, gâteaux traditionnels, textures et saveurs nouvelles pour les voyageurs étrangers. Ce moment devient alors bien plus qu’un simple repas. Il s’agit d’un temps de découverte, de curiosité et de plaisir, où l’hospitalité s’exprime aussi par le goût, par le partage et par l’attention portée aux détails.
En fin de journée, le temps ralentit naturellement au Copacabana Palace. Après la lumière intense de la plage, il devient particulièrement agréable de s’installer autour de la piscine, un verre à la main, et de laisser la musique accompagner la tombée du jour. Le Pool Bar – Pérgula, véritable institution de l’hôtel, constitue l’un des lieux les plus vivants pour vivre ce moment. C’est ici que j’ai pris le temps de savourer une caipirinha, cocktail emblématique du Brésil, préparé avec soin, simple en apparence, mais parfaitement équilibré. Boire une caipirinha dans ce cadre, au son de la musique et face aux palmiers, donne immédiatement le sentiment d’être pleinement à Rio.
La musique joue un rôle central dans cette atmosphère. Autour de la piscine, des musiciens proposent régulièrement des performances live, mêlant bossa nova, samba douce, jazz latino et, selon les soirées, des influences plus larges venues des Caraïbes. Certaines ambiances laissent apparaître des rythmes inspirés de la musique cubaine ou du reggae, toujours dans une interprétation élégante, adaptée au lieu, jamais excessive. La musique accompagne les conversations, soutient l’ambiance sans l’envahir, et crée une continuité naturelle entre la journée et la soirée.
Cette fin de journée, portée par la musique et la douceur du climat, font partie de ces souvenirs qui restent. Ils racontent un art de vivre brésilien où la convivialité, le rythme et le plaisir d’être ensemble prennent toute leur place, sans jamais forcer le trait.
Quand un hôtel crée du lien
L’hospitalité se révèle aussi dans la manière dont un hôtel invite à sortir de ses murs pour découvrir un territoire et créer des rencontres.
Lors d’une balade proposée par l’hôtel, un collaborateur du Copacabana Palace m’a accompagné, avec quelques autres clients, le long de la plage de Copacabana jusqu’à une colline située à environ un kilomètre. Très vite, il ne s’agissait plus d’une simple promenade, mais d’un véritable moment de partage. Le guide expliquait l’histoire des lieux, montrait des détails que je n’aurais jamais remarqués seul, racontait la relation entre la ville, la nature et la mer. En montant vers la colline, il attirait l’attention sur la présence des ouistitis, ces petits singes emblématiques de Rio, qui vivent à proximité immédiate de la plage, créant une surprise joyeuse et très locale. La visite de l’ancien fort, avec sa vue spectaculaire sur Copacabana et sur la ville, prenait alors tout son sens grâce à ses explications et à sa manière très humaine de raconter Rio.
Ce moment a aussi été marqué par une expérience simple et authentique : la dégustation d’un jus de canne à sucre fraîchement pressé, le caldo de cana, préparé sur place. Ce geste, accompagné d’explications sur les habitudes locales, a renforcé le sentiment de découverte et de proximité avec la culture brésilienne. Surtout, ce collaborateur jouait un rôle essentiel dans la création de lien entre les clients. Il facilitait les échanges, encourageait les conversations, créait un climat de confiance et de curiosité partagée. Grâce à cette balade, j’ai rencontré d’autres clients de l’hôtel avec lesquels des discussions se sont engagées naturellement, au point de garder contact après le séjour. Cette capacité à créer des situations où les personnes se rencontrent, échangent et tissent des relations donne une autre dimension à l’hospitalité. Le séjour devient alors une expérience humaine, faite de rencontres et de souvenirs partagés, qui dépasse largement le cadre du service et renforce durablement la valeur du voyage.
Ce que j’ai appris sur l’hospitalité en vivant au Copacabana Palace
Cette attitude reflète plus largement le caractère des Brésiliens, et tout particulièrement celui des Cariocas. À Rio, l’accueil se fait avec simplicité, avec le cœur, et avec une forme de légèreté joyeuse. La relation précède souvent le protocole. Le sourire, la disponibilité et la convivialité font partie intégrante de l’expérience. Cet esprit irrigue l’ensemble du Copacabana Palace et donne à l’hospitalité ici une dimension humaine, chaleureuse et profondément mémorable.
Séjourner au Copacabana Palace ne consiste donc pas seulement à dormir dans un hôtel historique. C’est vivre une hospitalité incarnée et généreuse, où l’histoire, la célébration et la culture se rencontrent naturellement. Un lieu où nous ne faisons pas que passer, mais où nous ressentons, où nous partageons, et d’où nous repartons avec des souvenirs durables.