Hôtel et la Thalassothérapie
Le centre de thalassothérapie de Quiberon, l’un des précurseurs de la Thalassothérapie
Rencontre avec Marie-Cécile Blanchard, directrice de l’institut de Thalassothérapie Sofitel de Quiberon
Quand je travaillais au sein de la direction marketing international SOFITEL, l’hôtel Sofitel Quiberon jouissait d’une grande renommée et d’une expertise dans l’art de la Thalassothérapie. De nombreuses personnalités et stars séjournent dans cet hôtel à la recherche de bien-être. C’est aussi un hôtel précurseur en terme de restauration en abordant dès les années 70 la cuisine diététique. Alors tout naturellement, je voulais en savoir plus et j’ai eu le plaisir de séjourner à l’hôtel et découvrir le centre de Thalassothérapie. A quelques heures de train de Paris, vous vous retrouvez au bord de la mer été comme hiver, sur les terres de Bretagne du sud où le soleil est souvent présent. Tout vous invite au repos, au recueillement et à prendre soin de vous.
Pouvez-vous nous présenter la Thalassothérapie et son origine française ?
La Thalassothérapie est née ici à Quiberon le 11 mai 1964. Nous sommes dans le berceau de la thalasso. A l’époque, Louison Bobet (cycliste professionnel, 1925-1983), à la suite d’un accident de voiture, fait sa rééducation à Roscoff à l’aide de l’eau de mer. Lorsqu’il découvrit les bienfaits de l’eau de mer, il décida de démocratiser son utilisation afin que chacun puisse en bénéficier.
En 1964, il n’y avait quasiment rien à Quiberon à part l’Ocean Bar et la Baie. Il n’y avait que ce café (qu’il appelait d’ailleurs sa cantine), et uniquement un centre de soins. Les gens venaient pour se soigner et repartaient directement. En 1969, la première partie de l’hôtel Thalassa fut construite puis en 1973, la partie diététique de l’hôtel a été créée pour étendre cette activité.
Outre le cyclisme, une des passions de Monsieur Bobet était l’aviation. C’est à partir d’un survol de l’île qu’il a décidé de construire cet endroit sur cette ile. En conséquence, il allait ensuite chercher les clients à Paris dans le monde des peoples et les ramenait en avion. Quiberon a alors commencé à accueillir la jet set alors qu’il ne s’agissait, à l’origine, que d’un village de pêcheurs.
En 1964, il n’y avait qu’un centre de thalassothérapie. Aujourd’hui, cinquante-deux ans plus tard, il y en a 54 en France. Donc oui, la thalassothérapie est très française. Il y a quelques Thalassothérapie à l’étranger avec Thalassa Sea & Spa, comme par exemple à Bahrain, Agadir, ou Timi Ama. Il n’y en a pas encore dans le Pacifique.
La Thalassothérapie est un véritablement un produit français avec des protocoles de soins élaborés par des groupes de recherche composés de médecins et de kinésithérapeutes.

Pensez-vous que la thalassothérapie est un modèle exportable ?
Bien sûr ! il faut d’une part être en mesure de développer les installations de pompage et les infrastructures nécessaires. D’autre part, il est nécessaire de vérifier la qualité de l’eau. Il faut souligner que la mer et sa composition riche en oligoéléments en raison de la fonte d’algues, est un élément essentiel pour créer un centre de Thalassothérapie. Il faut donc vérifier que la composition en oligoéléments de la mer est correcte et que ceux-ci enrichissent bien le corps comme ils le font dans nos régions avec l’atlantique, la manche et la méditerranée. L’air vivifiant de la Bretagne reste quand même une référence.
La mer morte, par exemple, a beaucoup de bienfaits. L’élément qualitatif de l’eau est ici essentiel, une mer trop chargée et trop agressive peut attaquer les peaux. Dès lors qu’il y a de l’eau de mer, la Thalassothérapie peut se développer dans le monde entier.
Pour vous, quelle est votre vision de l’art de recevoir à la française au sein de votre centre de Thalassothérapie ?
L’art de recevoir aujourd’hui, c’est prendre le temps d’écouter les personnes et de personnaliser leur séjour. D’autant plus dans le cas de la thalassothérapie où nous rentrons dans leur intimité. En conséquence, établir de la confiance en écoutant la personne est essentielle. L’art de recevoir à la française, c’est entourer le client d’une chaleur et d’une courtoisie très respectueuses sans toutefois aller dans la familiarité.
Dans la Thalassothérapie, il y a une globalité : au Sofitel, le client sait qu’il va bien dormir, bien manger et qu’il va pouvoir prendre soin de soi. Il y a donc une déconnexion du mental et du corps. La Thalassothérapie permet à votre corps de reprendre son dominant sur le mental. Le fait d’être dans des eaux à 33 ou 34°C vous détend musculairement et votre mental se relâche. Le corps se manifeste et parle. Quand le mental commence à faiblir, il faut se ressourcer. Après une Thalasso, le client sort fort physiquement et le mental remonte. L’art de recevoir dans la Thalassothérapie s’inscrit donc dans une démarche de bien-être.
Le domaine de la cuisine diététique évolue-t-il ?
Il y a cinquante ans, la cuisine diététique n’était qu’à ses prémices et était très peu répandue. Désormais, cela devient progressivement une norme. Ce domaine évolue donc en effet très rapidement. Pour ne pas être dépassé, il faut toujours être à l’affût des produits qui arrivent sur le marché. Les progrès de la science et de la technologie, notamment ces dernières années, aident également à l’accélération de l’expansion de la diététique. Nous échangeons beaucoup avec les nutritionnistes qui nous font part de plus en plus fréquemment de nouvelles techniques. Il ne faut donc pas être fermé et prêt à faire évoluer régulièrement son cahier des charges. En même temps, il ne faut pas oublier de s’adapter au client et de lui faire plaisir.
Dans les cinq années à venir, il ne fait ainsi aucun doute que la cuisine diététique continuera de prendre de plus en plus d’importance. Nous observons une nette augmentation des maladies liées à une mauvaise alimentation, ce qui nous rend de plus en plus conscient de l’importance d’une gastronomie saine. De plus, la diététique emprunte désormais plusieurs voies. Les offres se multiplient et se diversifient. Au sein du Sofitel de Quiberon, le but premier est de maigrir, mais il se développe en parallèle une gastronomie qui se veut saine sans avoir pour vocation de faire perdre du poids.
Enfin, notre époque se préoccupe de plus en plus des questions environnementales. Le client veut désormais conjuguer une alimentation saine avec un impact écologique aussi réduit que possible. Bien sûr, cette conscience n’est pas présente à l’esprit de la totalité des gastronomes de notre planète, mais je prédis de belles années au domaine de la cuisine diététique.