Edouard François
Rencontre avec Edouard François, architecte qui a participé à la réalisation du Fouquet’s Barriere Paris.
L’histoire de la France montre que nous avons cultivé un réel art de vivre et de recevoir. Ce savoir-faire et cet art à la française se sont considérablement développés dans l’hôtellerie de luxe.
Il est source d’inspiration pour de grandes marques d’hôtel. Quelle est votre approche métier de l’art de recevoir à la française ? En quoi peut-il influencer l’architecture ? Est-elle un facteur différenciant pour l’architecture ?
Un palace, c’est presque uniquement du service : le homard doit arriver tout de suite et chaud ! Au Fouquet’s par exemple, c’est 350 personnes dans la ruche… 350 personnes qui apparaissent avec le sourire pour vous servir ! Un sourire pas si facile que ça à donner au quotidien, sauf à être considéré comme une very important personne en mission dans des corridors spacieux et rapides comme des autoroutes. Rien à voir avec les laborieuses fourmis qui œuvrent sous terre – ce temps est révolu… J’ai conçu un bâtiment où les choses apparaissent et disparaissent dans une virtuosité digne d’un Robert Houdin. Les doubles fonds et autres trucs ne vous seront pas dévoilés : ils ont fait l’objet d’une recherche et d’un développement que nous avons appelé « l’architecture du service »…
L’intime est aussi fondamental… ce qui induit une conception architecturale particulière. Le SPA du Fouquet’s, par exemple, est un projet en soi. On va au Spa incognito en peignoir depuis n’importe quelle suite. Il est localisé dans un endroit stratégique. Il a été conçu à plat, comme un idéal, puis délicatement glissé dans un étage aux dimensions nobles pour être confronté aux poteaux de l’immeuble. Des poteaux qui tombent dans l’eau de la piscine, comme ceux du grand réservoir d’Istanbul dans mon carnet de voyage…
Quel savoir-faire ancestral avez-vous réinterprété dans votre projet de l’hôtel Fouquet’Barrière ?
Au Fouquet’s, on était en présence d’un ensemble de sept immeubles composé de vrais et faux haussmanniens et d’un bâtiment datant des années 70, qui formaient un îlot presque complet dans le Triangle d’or, à l’angle des Champs-Elysées et de l’avenue Georges V. Le groupe Barrière souhaitait unifier ces éléments hétéroclites pour en faire le septième palace parisien et les doter d’une image forte.
Je me suis inspiré des tapisseries des murs de la propriété familiale qui me fascinaient quand j’étais enfant. Il y avait des discontinuités entre les lais, les motifs s’interrompaient brusquement. Par-dessus, les portraits des ancêtres étaient accrochés sans aucun lien avec le motif sur le mur. C’est ainsi que j’ai inventé le concept du « moulé-troué » au Fouquet’s. Nous avons copié l’authentique façade haussmannienne de l’îlot.
Nous l’avons appliquée sur les façades à rénover. Ces dernières sont percées par de larges ouvertures, totalement indépendantes du dessin haussmannien mais pertinentes au regard des plans et du confort visuel des chambres.

Quelle est la particularité de votre agence ? Qu’est-ce qui vous caractérise ?
Quelles sont vos plus belles réalisations qui nous permettrons de mieux vous découvrir ? Quels sont vos projets d’hôtel ?
Je suis principalement connu en tant que représentant de la green architecture en France. L’immeuble qui pousse à Montpellier, Tower Flower dans le 17ème arrondissement, M6B2 Tour de la Biodiversité, actuellement en Chantier, qui sera la première tour de logements construite dans Paris depuis les années 70… Je réalise également des projets à l’étranger – Gurgaon 71 en Inde, Les Jardins d’Anfa à Casablanca… En hôtellerie, je suis sollicité pour la réalisation de palaces et de resorts – l’hôtel Fouquet’s Barrière, la Samaritaine – Cheval Blanc, l’hôtel Métropole à Beaulieu-sur-Mer, Aldiana resort… qui sont des propositions pour inscrire des créations à la fois contemporaines, radicales et respectueuses de leur contexte dans le centre historique de grandes villes ou dans des sites exceptionnels.

BIOGRAPHIE :

Diplômé de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris et de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, Edouard François, architecte et urbaniste depuis 1986, a créé sa propre agence d’architecture, d’urbanisme et de design en 1998. Le développement durable, le local, la mise en valeur du patrimoine et du site sont des thématiques fondamentales dans sa production.
Edouard François est reconnu en France et à l’International comme l’un des représentants les plus talentueux et créatifs dans les domaines du patrimoine, de l’hôtellerie et du paysage. Il a ainsi été qualifié de « The Hero of Green Architecture » par C. Woodward, dans le Financial Times, le 7 octobre 2011.
Edouard François a été élu créateur de l’année 2011 par le salon Maison et Objet.
En 2011, le Royal Institute of British Architects l’a nommé membre honoraire international pour sa contribution à l’architecture (Int. Fellow RIBA).
Edouard François est l’architecte de l’hôtel Fouquet’s Barrière sur les Champs-Elysées.
Il est l’architecte du groupe LVMH, pour lequel il réalise actuellement le Palace Samaritaine Cheval Blanc sur les quais de la Seine à Paris, qui sera le flagship de la marque.
Il est également l’architecte du groupe Club Med.
La Maison Edouard François est présente à l’étranger avec des projets de grande envergure au Maroc (Les Jardins d’Anfa, Casablanca), au Sénégal (Club Med, Aldiana), en Inde (Gurgaon 66, Gurgaon 71), au Sri Lanka (Krrish Square, Colombo), au Qatar (Qatar Chamber of Commerce, Doha)…
A Paris, la Maison Edouard François construit aussi M6B2 Tour de la Biodiversité : c’est la première tour de logements édifiée dans la capitale depuis les années 70. Végétalisée, elle permettra aux vents de diffuser des graines de rang 1, favorisant la régénération du végétal et de la biodiversité dans la métropole parisienne.


